dimanche 10 octobre 2010

Chronique actu de Monique Leroux-Brochard du 10 octobre 2010

Ce qu’il y a de bien avec l’été, c’est que ça finit toujours par s’arrêter. Et alors on se demande si on a rêvé. L’ado boutonneux se demande s’il a bien perdu sa virginité, le saisonnier vérifie qu’il a bien travaillé 50 heures par semaine pour 800 euros par mois, et le Français qui sait lire se demande s’il a bien entendu qu’on évacuait des centaines, et des milliers en prévision, de roms vers la Roumanie. Quant à l’étudiant en socio, qui est par nature paranoïaque et insupportable, en attendant sa rentrée qui aura lieu en décembre, il rédige une analyse critique des médias et du monde, révélant au grand public le scandale du bisphénol A dans les tongs ou la vraie nature de René la Taupe, qui ne serait autre que Nicolas Sarkozy avec une voix trafiquée.
Cette année, le peu de retraités vivants qui reste en France va pouvoir planter tranquille ses géraniums. Grâce à notre président, plus de manouches pour leur piquer les pots, plus de gitans pour leur refiler des calendriers de l’année dernière hors de prix. Non, grâce à notre président, nous allons pouvoir dormir tranquille sur nos grandes oreilles, en lisant le Chasseur français. Et le foot, réceptacle de l’intelligence des peuples, nous montre une équipe de France réconciliée sur une pâtée mise aux Romanichels. Un beau symbole qui ira droit au cœur des électeurs du Front national.
Oui décidemment, notre président nous aura encore fait passer un bel été. Et l’envie nous vient, à l’heure des transactions de vies humaines, de négocier avec la Hongrie la récupération de l’infâme nabot, quitte à l’échanger contre une coulée de boues toxiques, ça vaut.
Parce que dans plusieurs décennies, quand notre prédisent ne sera plus, et que les enfants d’Europe apprendront avec surprise que les Français de l’époque l’avaient démocratiquement élu, il vaudra peut-être mieux être mort que de devoir s’expliquer.

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