dimanche 24 octobre 2010

Chronique actu de Monique Leroux-Brochard du dimanche 24 octobre 2010

Cette semaine, le monde se divise en deux catégories. D’un côté, les gens qui bloquent les dépôts de carburant. Population précarisée ou susceptible de l’être un jour parce qu’ayant fait des études de diététique ou de socio. Lycéens, étudiants, retraités, ouvriers, utilisateurs de toilettes sèches, bref les gens de gauche. De l’autre, les employés, classe moyenne, mères de famille, cadres petits et grands, des gens qui ont une voiture et poussent le vice jusqu’à s’en servir, bref des gens de droite.
Un petit monde qui se retrouve pour autant dans la rue les jours de manif, en train de se demander si, vu que pour les retraites c’est mort, la grande leçon de 2010 ce n’est pas le covoiturage. Une thèse inquiétante pondue par les petits-enfants des éternels optimistes qui au lendemain de la seconde guerre mondiale affirmaient que l’on avait perdu des millions de gens certes, mais qu’au moins on avait importé le chewing-gum !
La chute de Nicolas Sarkozy, la poignée de babos qui y croient encore sera donc dans la rue pendant les vacances pour tenter de l’obtenir, moins des milliers de braves jeunes en vacances, parce que faire la grève pendant les vacances, c’est bien connu, ça sert à rien.
D’ailleurs, alors que se profile un remaniement ministériel, le moment est venu de regarder devant soi. Oui la vie sera plus rose dans quelques mois, quand Pipo le poivrot sera le premier ministre. Car s’il y a quelque chose que les Français aiment encore plus que la cohabitation, c’est bien se voir dicter la voie par un gros plein de vinasse vulgaire et con. Michel Sardou quoi. Pour les autres, pas de certitude, mais pour fêter la fin de l’ouverture, on aimerait bien que la dernière mission de Bernard Kouchner soit en Haïti. Car l’anus défoncé au choléra sur un tas géant de merde en train de crier des SOS à la communauté internationale pourrait de nouveau le rendre acceptable aux yeux des milliers de socialistes trahis par monsieur bol de riz. On peut toujours rêver.
En fait, la seule bonne nouvelle, c’est que le week-end prochain c’est la Toussaint, la Fête des morts. S’il pouvait y en avoir quelques-uns…

dimanche 10 octobre 2010

Chronique actu de Monique Leroux-Brochard du 10 octobre 2010

Ce qu’il y a de bien avec l’été, c’est que ça finit toujours par s’arrêter. Et alors on se demande si on a rêvé. L’ado boutonneux se demande s’il a bien perdu sa virginité, le saisonnier vérifie qu’il a bien travaillé 50 heures par semaine pour 800 euros par mois, et le Français qui sait lire se demande s’il a bien entendu qu’on évacuait des centaines, et des milliers en prévision, de roms vers la Roumanie. Quant à l’étudiant en socio, qui est par nature paranoïaque et insupportable, en attendant sa rentrée qui aura lieu en décembre, il rédige une analyse critique des médias et du monde, révélant au grand public le scandale du bisphénol A dans les tongs ou la vraie nature de René la Taupe, qui ne serait autre que Nicolas Sarkozy avec une voix trafiquée.
Cette année, le peu de retraités vivants qui reste en France va pouvoir planter tranquille ses géraniums. Grâce à notre président, plus de manouches pour leur piquer les pots, plus de gitans pour leur refiler des calendriers de l’année dernière hors de prix. Non, grâce à notre président, nous allons pouvoir dormir tranquille sur nos grandes oreilles, en lisant le Chasseur français. Et le foot, réceptacle de l’intelligence des peuples, nous montre une équipe de France réconciliée sur une pâtée mise aux Romanichels. Un beau symbole qui ira droit au cœur des électeurs du Front national.
Oui décidemment, notre président nous aura encore fait passer un bel été. Et l’envie nous vient, à l’heure des transactions de vies humaines, de négocier avec la Hongrie la récupération de l’infâme nabot, quitte à l’échanger contre une coulée de boues toxiques, ça vaut.
Parce que dans plusieurs décennies, quand notre prédisent ne sera plus, et que les enfants d’Europe apprendront avec surprise que les Français de l’époque l’avaient démocratiquement élu, il vaudra peut-être mieux être mort que de devoir s’expliquer.