dimanche 17 janvier 2010

Chronique Actu de Monique Leroux Brochard du dimanche 17 janvier 2010

A chaque décennie sa catastrophe émouvante, les années 2010 seront placés sous le signe de Haïti. Comme tous les endroits du globe qui subissent un traumatisme, de la Somalie à l’Ethiopie, ça finit en i, ce qui est pratique pour Jean-Jacques Goldman qui n’aura pas besoin de changer les rimes du nouveau tube de soutien à Haïti. Ca tombe bien parce depuis que Michael Jackson est mort, il y a comme un grand vide au sein de la planète des artistes au grand cœur.
Un cœur grand comme celui de Nicolas Sarkozy qui a une nouvelle fois mis la misère à notre dignité nationale en faisant un scandale parce que les avions français avaient eu quelques difficultés à atterrir à Port-au-Prince. Un peu comme si les passagers du métro londonien en 2005 avaient demandé le remboursement de leur ticket ! Car le monde est ainsi fait que tous les survivants ne sont pas encore sortis des décombres qu’Haïti devient the place to be, où se montrer en chemise de lin et bronzage caribéen.
L’endroit où il faut prendre une mine apeurée devant le manque de médicaments ou la misère des hommes. Et faire comme si il ne restait plus rien d’une île paradisiaque où il faisait bon vivre. Sauf qu’Haïti il y a quinze jours, c’’était déjà l’un des endroits les plus pauvres du monde, avec une paix civile précaire et des conditions de vie terribles. Plutôt que de reconstruire Haïti, il faudrait la construire tout court. Et vite, et bien, et en silence.
Et ne pas profiter d’un drame que personne ne pouvait empêcher pour oublier toute forme d’annonces pénibles comme la mort de trois soldats français en Afghanistan cette semaine ou encore le fait que malgré les aides énormes consenties à l’industrie automobile, cela n’empêchera pas les entreprises de continuer à délocaliser en toute impunité leur production.
Enfin, la routine quoi.

Aucun commentaire: