dimanche 31 janvier 2010

Chronique Actu de Monique Leroux Brochard du dimanche 31 janvier 2010

Cette semaine, Nicolas Sarkozy nous a déçus. Pourtant on avait voté pour lui. Nous les buralistes étanglés par les dettes, nous les restaurateurs qui nous torchons avec la TVA à 5,5% , nous les arabes de l'UMP qui pensions que Nicolas Sarkozy s'était fait le Front national par pure grandeur d'âme. Sarkozy nous a enflé, en fait il est méchant.

D'abord, il nous prend sacrément pour des busards. Car faire croire que Jean-Pierre Pernault est journaliste paraît aussi crétin que de garantir la discrétion d'un steak de soja dans un abattoir. Ensuite, parce que des vrais Français, des qui sentent sous les aisselles, parlent des Noirs en disant EUX et pensent qu'un bon fonctionnaire est un fonctionnaire mort, des comme ça il y en a plein les files des caisses d'hypermarché. Eh ben non, il a fallu qu'il aille en inventer. Des Français qui souffrent mais qui d'une petite tape sur l'épaule reprennent le chemin de leurs activités. Parce que vous verrez, tout va s'arranger. Et nous pauvres clampins, de trépigner en se demandant pourquoi c'est pas nous qu'on nous a invité à dire ses quatre vérités à l'autre. Pourquoi, parce que nous, si on l'avait eu en face de nous Sarkozy, on lui aurait pété la gueule. Voilà pourquoi.

Rassasiés de paroles imbuvables, nous sommes perplexes. Pourtant, le débat est ouvert. Les nouveaux riches ont fait chier pendant des décennies c'est vrai. Mais maintenant qu'ils sont devenus des nouveaux pauvres, ils nous emmerdent encore plus. Oui un salaire de prof c'est la misère, mais c'est le double d'un salaire d'ouvrier. Oui être agriculteur c'est dur, quand les subventions ne tombent plus. Mais pendant des décennies, on a vécu sur la bête grâce aux largesses de papa Chirac. Quand aux infirmières, demandons-leur d'abord d'arrêter l'homéopathie et de se faire vacciner contre la grippe, toutes choses qui devraient contribuer à vider les hôpitaux.

Quant à toi Sarkozy, tu nous a eu jusqu'à l'os. Mais que peut-on vraiment attendre d'un type dont la femme s'est fait passer dessus par toute la troupe des Enfoirés ? Rien en vérité, et on se plaît à envisager la candidature de Dominique de Villepin, fraîchement relaxé dans l'affaire Clearstream. On aimerait bien voir la tête de son ennemi juré. En fait, on se délecte de mauvaises pensées.

Parce que pour ce qui est de voir le bout du tunnel en 2010, autant mettre une burqa et s'entraîner à chier par le nez.

dimanche 17 janvier 2010

Chronique Actu de Monique Leroux Brochard du dimanche 17 janvier 2010

A chaque décennie sa catastrophe émouvante, les années 2010 seront placés sous le signe de Haïti. Comme tous les endroits du globe qui subissent un traumatisme, de la Somalie à l’Ethiopie, ça finit en i, ce qui est pratique pour Jean-Jacques Goldman qui n’aura pas besoin de changer les rimes du nouveau tube de soutien à Haïti. Ca tombe bien parce depuis que Michael Jackson est mort, il y a comme un grand vide au sein de la planète des artistes au grand cœur.
Un cœur grand comme celui de Nicolas Sarkozy qui a une nouvelle fois mis la misère à notre dignité nationale en faisant un scandale parce que les avions français avaient eu quelques difficultés à atterrir à Port-au-Prince. Un peu comme si les passagers du métro londonien en 2005 avaient demandé le remboursement de leur ticket ! Car le monde est ainsi fait que tous les survivants ne sont pas encore sortis des décombres qu’Haïti devient the place to be, où se montrer en chemise de lin et bronzage caribéen.
L’endroit où il faut prendre une mine apeurée devant le manque de médicaments ou la misère des hommes. Et faire comme si il ne restait plus rien d’une île paradisiaque où il faisait bon vivre. Sauf qu’Haïti il y a quinze jours, c’’était déjà l’un des endroits les plus pauvres du monde, avec une paix civile précaire et des conditions de vie terribles. Plutôt que de reconstruire Haïti, il faudrait la construire tout court. Et vite, et bien, et en silence.
Et ne pas profiter d’un drame que personne ne pouvait empêcher pour oublier toute forme d’annonces pénibles comme la mort de trois soldats français en Afghanistan cette semaine ou encore le fait que malgré les aides énormes consenties à l’industrie automobile, cela n’empêchera pas les entreprises de continuer à délocaliser en toute impunité leur production.
Enfin, la routine quoi.

dimanche 3 janvier 2010

Chronique Actu de Monique Leroux Brochard du dimanche 3 janvier 2009

Cette semaine, comme la chronique actu n'est pas associale, elle vous souhaite une bonne année. Néanmoins, à tous ceux qui ont enterré 2009 avec joie en se disant que 2010 ne pourrait pas être pire, nous leur devons une mise en garde : ça peut toujours être pire !
D'abord, à moins qu'un sympathique italien ne se jette sur lui à l'image du pape ou de Silvio Berlsuconi, Nicolas Sarkozy sera président pendant les 365 jours de 2010. Les chômeurs ont donc fort peu de chances de retrouver du travail étant donné la suppression progressive de toutes les entreprises. Un certain nombre de pas-logés-du-tout devraient périr dans les rigoureuses neiges des trottoirs des grandes villes.
D'ailleurs pour preuve, 2010 prend le chemin des années précédentes. La course du Dakar n'avait pas fait 10 bornes qu'elle comptait déjà son premier mort. Pas deux jours passés non plus sans que l'Alsace ne revendique son statut de capitale de Noël et du Faits-divers. C'est ainsi qu'à Haguenau un père de fille vient d'égorger ses trois fillettes, dans la plus pure tradition de Noël dans l'est.
Alors qu'est-ce qu'on peut faire ? Concrètement pas grand-chose d'après notre horoscope. On peut par exemple acheter un vaccin contre la grippe A à l'Etat français, histoire de soutenir le budget de la recherche. On peut déneiger devant sa porte car rappelons-le à ceux qui viennent d'enterrer le col du fémur de leur grand-mère, chacun est responsable du trottoir devant chez lui, et également du sdf qui l'habite. On peut poser des bombes, défigurer des personnalités, faire du compost d'appartement ou éteindre les lumières.
On peut aussi serrer les dents et prendre sur soi, un minimum. Dominique Baudis peut fermer sa gueule car non, attendre plusieurs heures dans l'Eurostar, ce n'est pas très grave. Surtout quand on apprend qu'une collision ferroviaire vient de faire plusieurs morts en Turquie. Et non la véritable place de l'armée française n'est pas sur le territoire national à déneiger sous les roues des 500 000 connards qui partent aux sports d'hiver. Car ceux-là peuvent s'acheter des pneus neige, une solution qui n'est pas de nature à régler l'oppression des talibans sur le peuple afghan, ni suffisante pour retrouver les journalistes enlevés à Nijrab.
Et alors que 2009, année de la crise, s'achève, on découvre avec intérêt que les pauvres Français surendettés n'ont jamais autant consommé. On n'a jamais vendu autant de voiture, de places de cinémas, de jouets, de forfaits de remontées mécaniques. Comprenne qui pourra. Alors en 2010, on peut décider individuellement d'être moins con, c'est un pari sur l'avenir.