Ce week-end, ceux qui n'ont pu se calfeutrer chez eux ont eu à subir le pire moment de l'année. Impossible de mettre un pied dans la rue sans être agressé par un scout à imberbe à demi-nu, pointant son ongle sale et accusateur sur nos pauvres bobines. Difficile d'assumer le fait de ne rien donner au Téléthon sans se faire traiter de fils de pute par tous les fans de Thierry Lhermitte. Crise ou pas, aucun argument n'est valable, ni la perte de son emploi, l'impossibilité de nourrir ses gosses ou de payer son loyer. NON TOUT LE MONDE DOIT DONNER POUR LE TELETHON sinon on meurt. Pour l'occasion, les sdf ont même été provisoirement parqués hors des centre-villes, histoire de ne pas monopoliser les pourboires. Peu importe que la densité de myopathes en France soit égale à celle des mérous dans une piscine municipale, peu importe que la recherche en France soit financée par l'unique vente de petites bougies à la cannelle, une fois de plus, le Téléthon a ramené sa gueule enfarinée pour nous soutirer nos autorisations de découvert. Les dénégations de Pierre Bergé n'y ont été pour rien, l'horrible bizness caritatif a encore raflé la mise. A tel point que Nicolas Sarkozy envisage de monter une entreprise du même style pour pallier la suppression de la taxe professionnelle.
Dans cette mesure, on se prend à rêver, pour ceux qui ont réussi à trouver le sommeil.
On fantasme sur un monde meilleur où les chercheurs font sereinement leur boulot sans le concours des scouts de France. Un monde où Miss France pourrait régner sans que l'on n'apprenne qu'il s'agit en fait d'un trans hardcore spécialisé dans le fis-fucking. Le genre de monde où tous les petits enfants du monde auraient un cadeau à Noël, en plus de leurs deux bras et leurs deux jambes intacts, où Pascal le grand frère serait vraiment le grand frère de quelqu'un et non un comédien limite.
Au lieu de ça, la triste réalité du quotidien nous prend à la gorge, Noël approche et nous n'avons pas de sous. Nous allons attraper la grippe A à cause des millions de connards qui, cent morts plus tard, viennent de constater que « oui ça existe » et du coup monopolisent les files d'attente des centres de vaccination, mettant dans l'embarras les gens normaux qui ont sagement attendu leur tour et savent depuis le début que la vaccination c'est le début de la vie en société.
Oui vraiment, le week-end des 5 et 6 décembre est un week-end à rester couché. Vous le saurez pour l'année prochaine.
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