dimanche 4 janvier 2009

Chronique actu du dimanche 4 janvier 2009

Cette semaine, c'est la nouvelle année. Pourtant, vu le contexte, souhaiter à quelqu'un une bonne année 2009 revient à demander à un paraplégique d'aller quelque part à pied ou dire à un Africain bienvenue en France. Car 2009, on va la sentir passer, on nous a a bien prévenus. L'année qui s'annonce est si morose, que même la violence n'a pas été au rendez-vous. Les Urgences n'ont pas été engorgées, l'alcool n'a pas coulé à flot. Les rares incidents relevés sont liés au grand froid et à la malnutrition. Enfin, pour rendre hommage à certains propriétaires de 407, il faut reconnaître que le nombre de voitures brûlées a augmenté de 30 % cette année, une hausse imputable au prix du fuel de chauffage probablement. Pas avare d'une connerie à sortir, Nicolas Sarkozy a annoncé que les mineurs concernés seraient interdits de permis de conduire. Ce qui va sûrement être incitatif dans les zones rurales ou cités de banlieue où ceux qui ne roulent pas à pied conduisent sans le moindre permis de conduire depuis des années. Oui, 2009 va être triste, et les Français vont être plus malheureux qu'ils ne l'ont jamais été depuis la mort de Claude François.
Heureusement, on va encore pouvoir compter sur Israël pour nous faire passer 365 jours de bonheur. Réinterprétant à sa manière la loi du talion, l'Etat pénible propose à la place de l'oeil pour l'oeil un bombardement contre une roquette, et un mort israëlien pour 200 Palestiniens. Comme chacun sait, certaines vies valent plus que d'autres, démographie oblige. La lumière jaillit aussi au Pérou, où une jeune Marie vient de donner naissance à un petit Jésus. Car du Tibet à l'Amérique du sud, les incarnations divines se multiplient comme des slogans pour la lessive, histoire de se raccrocher à une quelconque bouée. Ca ne prend pas pourtant et nul doute que si les salariés de l'industrie automobile ou ceux de la Camif avaient Dieu sous la main, ils lui feraient passer un sale quart d'heure.
Mais cette année, c'est Nicolas Sarkozy qui l'a dit, il va falloir se bouger le cul. Fidèle à son amour du changement, le chef des Gaules a prévenu. Chacun doit y mettre du sien, les sans-papiers vont devoir changer de couleur de peau, les chômeurs vont devoir travailler, les profs vont devoir faire cours, bref c'est à nous tous de nous bouger pour créer le monde nouveau. Pendant ce temps-là, le gouvernement ne fera absolument rien et Nicolas Sarkozy prendra des vacances bien méritées. Mais si les politiques avaient le pouvoir de changer le monde ça se saurait, comme dirait Liane Foly. Cette grosse pute.

Monique Leroux-Brochard

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