Ah le festival de Cannes... La traque à la cellulite, les chaude-pisses, le vomi dans le caniveau, Dany Boon... Le cinéma français comme on le rêve quoi. Profond, distingué, intellectuel et visionnaire. Et que dire de la montée des marches, entre ceux qui les montent pour TF1 et ceux qui les montent pour L'Oréal, on attend ceux qui les montent pour Carrefour ou pour le Parti socialiste. Oui, il faut bien le reconnaître, aujourd'hui le festival de Cannes fait aussi peu rêver que Véronika Loubry en maillot de bain. La fin d'un mythe.
Du reste, le cinéma a-t-il encore un sens et des gens font-ils encore des films ? On peut se le demander car il semblerait que les préoccupations des acteurs soient autres. Aujourd'hui, être un acteur américain c'est surtout jouer à l'Arche de Zoé en pompes de croco. Etre un acteur français, c'est dire que « Bienvenue chez les ch'tis » mérite une Palme d'or, alors qu'il s'agit tout de même d'une vieille merde qui montre une France réactionnaire et xénophobe où les gens du nord vont à la baraque à frites comme leurs grand-parents allaient à la mine et meurent au même âge mais encartés UMP. Pierre Bachelet a bien fait de mourir, cela lui aurait fait de la peine. Espérons que là où il est, cet infâme pervers de Pascal Sevran n'essaie pas de lui faire le coup de la savonnette.
Du côté de la vraie vie, les pêcheurs du Guilvinnec, avec leur grâce habituelle, font acte de violence pour obtenir ce qu'ils estiment leur dû, proférant des insanités à tour de bras et militant pour le retrait de l'Union Européenne. Cons comme des Suisses et violents comme des Bretons, ils ont réussi grâce à ce savant cocktail explosif, à obtenir des arrangements parfaitement illégitimes et qui ne résolvent en rien le problème de la pêche. Comme quoi si par la violence on obtient tout, pourquoi on se ferait chier à faire des pétitions, ou pire, à aller voter. Outre la violence aveugle, il faut quand même savoir qu'Harrison Ford s'est épilé la moquette pour lutter contre la déforestation. Mireille Mathieu a proposé de s'éclater des boutons pour commémorer la Shoah. Des Français de base s'apprêtent à s'immoler pour conserver leur plaque d'immatriculation.
Peut-être faudrait-il faire une minute de silence, et réfléchir un peu...
Monique Leroux-Brochard
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