dimanche 14 octobre 2007

Chronique actu du dimanche 14 octobre 2007

La bonne nouvelle de la semaine, c'est que la France ne gagnera pas la Coupe du monde de rugby. Guy Môquet ne peut pas tout et Nicolas Sarkozy non plus finalement. Et Bernard Laporte n'entrera peut-être pas au gouvernement vu qu'il se classe dans la catégorie des loosers. Pendant plus d'un mois, un pays entier a pourtant vibré derrière son équipe de marmules. Des quadras préménopausées ont redécouvert le fantasme en humant virtuellement Sébastien Chabal, des ados obèses ont aggravé leur diabète en mangeant des steaks Michalak. Bref, la France a vibré rugby. Et le gros avantage sur le foot, c'est que nous avons pu nous découvrir et nous aimer en communiant autour de vraies valeurs, pas comme dans le monde strassé du ballon rond. Non, au royaume de l'ovalie, la cocotte et la boîte à caca sont les étendards d'un message politique humaniste et beau et grand. Les supporters de rugby ( qui comme chacun sait sont des gentlemen en puissance ) ont apporté au monde la lumière. Les bergers landais ont ainsi pu faire découvrir leur philosophie lumineuse qui consiste à faire la chasse au pédé après les matches du SUA. Les fanas des cocottes auchoises ont remis au goût du jour la petite ratonade apprivoisée à déguster avec l'apéro. Bref, c'est tout le pays du cassoulet qui a imposé à la France sa domination idéologique. Et pour finir, la France, ce beau pays de géants blancs et dépourvus de cous, s'est fait sortir par son infâmant voisin de la rose. Les rosbifs sont définitivement des enculés qui roulent à gauche … et la morale est sauve.
Un peu comme au pays du rugby, le gouvernement Sarkozy y va franco. Et que je te défenestre un Chinois et que je te ferme un tribunal, que je te lynche un ex-détenu ayant purgé sa peine et que je traite le monde entier comme un Américain. L'en-avant Sarko a le vent en poupe en ces temps de franche camaraderie. Mais à l'image de Sébastien Chabal, celui qui pense avoir le monopole des couilles pourrait bien verser quelques larmes quand il s'apercevra que le monde n'a pas été créé le jour où débuta son état de grâce. La particularité des événements sportifs, c'est aussi qu'ils nous font oublier la sévère répression birmane, les inondations tunisiennes ou les élections américaines.
Du coup Bob Denard est mort, et tout le monde s'en fout.

Monique Leroux-Brochard

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