dimanche 13 avril 2008

Chronique actu du dimanche 13 avril 2008

Cette semaine, les yeux sont restés rivés sur les grosses miches de David Douillet ou encore le moignon d’une athlète chinoise, tous deux gardiens parmi des centaines d’autres du parcours de la flamme olympique. De Londres à San Francisco, les gens gentils ont brandi des drapeaux tibétains et hurlé à la barbarie du régime chinois. Une barbarie que la France connaît bien puisqu’elle lui fournit armes et formation policière contre des nems et des tee-shirts, la mondialisation quoi. Partout dans le monde, ce fut donc la fête.
Une aubaine également pour ceux qui loin du parcours de la flamme olympique ont pu tranquillement se torcher avec les droits de l’homme comme ce fut le cas au Zimbabwe, où les élections présidentielles sont le prétexte à des fusillades intempestives. Un climat délétère qui n’assombrit pas le sourire de Nadine Morano, le gnome alsacien dégénéré qui vient de faire son entrée au gouvernement au sein du très pétainiste ministère de la famille. L’anthropomorphisme de la grossièreté, encore plus con que Fadela Amara c’est dire, a annoncé une suppression de la carte de famille nombreuse qui a provoqué un tollé justifié. Du coup le gouvernement, qui a le courage politique d’un journaliste de Ouest-France, a décidé de retirer son projet de suppression voire d’étendre la carte de famille nombreuse aux célibataires parisiennes névrosées.
Pendant ce temps-là, des types se sont fait enlever par des pirates au large de la Somalie, les établissements bancaires et financiers du monde entier affichent des pertes record. Mais ce qui préoccupe encore et toujours les Français, c’est l’augmentation du prix du camembert Les Croisés. Un problème terrible que nombre de journalistes n’hésitent pas à comparer aux cas de famines prévisibles en Egypte ou encore en Haïti. C’est sûr l’augmentation du prix du camembert est la principale préoccupation des habitants du pays le plus pauvre du monde pour TF1. Comme quoi dans le domaine de la connerie, ce n’est jamais vraiment la crise.

Monique Leroux-Brochard

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