En cette fin d'année, des millions de personnes à travers le monde s'apprêtent à fêter Noël. Et contrairement à ce que prétend Jean-Luc Delarue, ce n'est pas la crise pour tout le monde. Non le moral est plutôt au beau fixe pour les conducteurs de 4x4 qui peuvent faire le plein plusieurs fois par jour si ça leur chante tant le prix du pétrole baisse. Ce n'est pas la crise pour La Poste qui va pouvoir continuer à faire poireauter les petits vieux des heures à son guichet ou réexpédier nos colis en Amérique du sud parce qu'on habite au deuxième étage sans ascenseur. Le statut de l'entreprise la plus dynamique de France vient d'être sauvé, garantissant la protection du service public des timbres, bien plus important que celui de l'éducation ou de la recherche. Les temps sont plutôt rigolos pour les faux terroristes de tout poil qui font des canulars de Noël dans les grands magasins. Ils le sont aussi pour les lycéens, qui sans aucun mal ont fait ravaler sa réforme à leur nain de ministre. Et qui ont applaudi Nicolas Sarkozy qui a fini par rencontrer le dalaï-lama, comme quoi Noël c'est peace... Les fêtes s'annoncent aussi pas mal pour les banques, dont les péchés ont été absous comme par magie par notre Dieu à tous. Elles seront aussi radieuses pour TF1 qui va pouvoir une fois de plus faire péter le champagne pendant que Louis la Brocante prendra piteusement sa garde à 20h30 sur les chaînes de l'ORTF.
Et pour tous ceux que la récession ne concerne pas, Noël sera heureux et arrosé comme à l'habitude. Les urgences équipées comme des dispensaires de brousse feront le plein de comas éthyliques et autres indigestions d'huîtres. Les hôpitaux psychiatriques désormais aussi bien dotés que des asiles tchétchènes serviront le premier petit-déjeuner de l'année à ceux qui n'ont pas le courage de voir une nouvelle année commencer. Quant aux chômeurs abandonnés par les Assedic, ils peuvent toujours se consoler en achetant le digipack de la tournée des Enfoirés et ce même le dimanche grâce aux nouvelles réformes du code du travail. Les plus pieux peuvent aussi mettre le petit Grégory dans la crèche. Ceux-là auront à minuit une pensée pour les militants du PS, les nationalistes corses ou Dominique de Villepin, bref pour tous ceux qui ont cette année essayer de faire bouger la France, mais à leur manière, ce qui est peut-être le problème.
Mais pour tous, gare aux souliers laissés sous le sapin, on pourrait bien se les prendre à travers la gueule, à l'instar d'un Georges Bush qui en a décidément beaucoup perdu.
Monique Leroux-Brochard