lundi 10 mars 2008

Chronique Actu du 2 mars 2008

Aujourd'hui c'est la fête des grand-mères. Une pure invention de publicitaire me direz-vous ? Et pourtant... Depuis que nous braves citoyens pensons que Noël dure trois mois, que la rentrée scolaire se prépare en juin et que Carla Bruni est une intellectuelle de gauche, bien malin qui ne se laisse pas prendre. Ainsi, Nicolas Sarkozy monstre médiatique prompt à dompter des " enculés de journalistes " est devenue la victime en vogue, au centre d'une chasse à l'homme, tyrannisé lui qui voulait tant vivre dans l'ombre. Et traiter de gros con en toute sérénité un quidam innocent au salon de l'agriculture.
Il est comme ça notre président, simple, modeste, proche des gens. Il se fait traiter d'enculé ou de gros con, veut se battre et dit tout haut ce que même le front national pense tout bas. Nicolas Sarkozy c'est un peu le Français tel qu'on le voit à l'étranger, il est bon vivant, bas du front et il a vu plein fois "Les choristes " . Son livre de chevet c'est le journal d'Anne Frank parce que c'est triste, ça dit que les Allemands sont méchants et il n'y a pas de mots compliqués...
Du coup, c'est une bien belle idée qui aura remué les esprits ces dernières semaines où le grand timonnier élyséen a imaginé de faire porter à chaque enfant de CM1 la responsabilité personnelle de la mort d'un enfant juif. Pas un petit sans-papier dont les parents se sont défenestrés ni un enfant de
Rmiste intoxiqué par le pâté de chez Lidl, non un petit juif de fiction, beau comme dans La liste de Schindler et mort comme un militant de lutte ouvrière.
Heureusement, même Simone Veil qu'on a connu moins inspirée ces derniers mois, a condamné sévèrement la dernière lubie du roi des Francs. Pauvre Nicolas Sarkozy, depuis que l'on sait qu'Ingrid Bettancourt a une hépatite B, il se demande bien quels personnages de fiction il peut encore proposer à l'opinion publique pour faire renaître l'espoir.
Entre des Juifs qui décotent un peu avec leur nouveau carton sur Gaza, une équipe de France capable de perdre l'Euro et des accidents de télésiège mortels dans les stations de ski, il fallait bien un Téléthon pour adoucir les moeurs. Foin de myopathes en février, aujourd'hui nous fêtons donc nos mamies. Les gentilles qui font des confitures et des bisous qui piquent. Les moins gentilles, qui ont collaboré pendant la guerre, qui creusent le déficit de la Sécu et dont on arrive pas à payer la retraite. Eh oui, un peu de mauvais esprit ne saurait nuire...

Monique Leroux Brochard

http://www.mypodcast.com/fsaudio/radiochacal_20080302_1957-187176.mp3